L’Ukraine dans la tourmente, qu’en est t-il vraiment ?

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Les Etats-Unis et leurs alliés de l’Otan ont décidé de brusquer les choses en Ukraine : les dirigeants américains ont choisi de faire adhérer l’Ukraine à l’Union-Européenne pour priver la Russie d’une zone stratégique essentielle.

L’histoire de l’Ukraine : une terre d’affrontement entre empires.

L’Ukraine a longtemps été une zone d’affrontement entre des Empires et des nations diverses. Empire Byzantin, Khanat Tatars, Khazars, Mongols, Ottomans, Lituaniens et Polonais, Autrichiens, Russes se sont affrontés en Ukraine pendant des siècles.

L’Ukraine et la Russie : une relation spéciale

L’Ukraine et la Russie entretiennent des relations très fortes. Par exemple les Riourikides qui étaient une dynastie de princes, puis de tsars régna pendant près de sept siècles à Kiev d’abord, puis à Moscou ensuite. L’Eglise Orthodoxe chassée de Constantinople au XVème siècle trouva refuge en Ukraine avant de transiter à Moscou (confère Isidore de Kiev). Au XVIIIème siècle, la partie orientale de l’Ukraine est intégrée à l’Empire Russe par Catherine la Grande, impératrice de Russie. Il est donc important de comprendre les liens étroits qui existent depuis des siècles entre ces deux nations. On pourrait comparer cette relation avec la relation qui existe entre la France et la Belgique en remontant par exemple aux Francs Saliens.
La continuité d’un conflit vieux de plus de huit siècles entre les puissances d’Europe Centrale et la Russie.
Au même moment où Catherine la Grande intègre l’Ukraine de l’est et la Crimée à l’Empire Russe, la partie occidentale (La Galicie, retenez bien ce nom) de l’Ukraine fût intégrée à l’Empire Autrichien.
C’est à partir de ce moment que l’Ukraine devient une zone tampon entre l’Occident et la Russie, de même que plus au Nord, on retrouve cette frontière en Biélorussie et dans les pays baltes.
Le conflit entre les Empires d’Europe centrale et la Russie est ancien. Il faut remonter pour cela aux chevaliers teutoniques qui déferlèrent de Lituanie et de Prusse sur la Russie, en passant par les nombreuses guerres Russo-Polonaises et les conflits larvés entre la Suède et la Russie… En faisant l’impasse sur le bref épisode Napoléonien et la guerre de Crimée, nous passons alors aux guerres modernes qui voient s’affronter à nouveau Empires Germaniques (Reich Allemand et Austro Hongrie) et Empire Russe (un remake des croisades teutoniques mais à plus grande échelle).

L’Histoire s’accélère et nous arrivons à la seconde guerre mondiale. L’Ukraine et la Russie vont être les témoins de la plus grande bataille qu’ait connue l’humanité : 20 à 25 millions de morts civils et militaires confondus sur le front de l’est. La bataille de Koursk en août 1943 marque un tournant et constitue la plus grande bataille de chars de tous les temps avec 1,5 millions de morts en 2 mois tous camps confondus (record imbattu).
On connaît la suite : le troisième Reich est vaincu, les Etats-Unis et l’URSS se partage le monde pendant soixante ans.

L’alliance germano-américaine

Pour bien comprendre ce qui est en train de se passer en Ukraine, il faut comprendre l’histoire et les choix politiques qui ont été opéré en Europe de l’Ouest depuis la chute du mur de Berlin. Peut-être que vous n’en avez jamais entendu parler, mais l’Allemagne et les Etats-Unis d’Amérique, représentés respectivement par Schröder et Bush fils ont signé un pacte le 27 février 2004 : « L’Alliance Germano-américaine pour le XXIe siècle », (Das deutsch-amerikanische Bündnis für das 21. Jahrhundert). Nous devons cette information à Monsieur Pierre Hillard, docteur en science politique qui a entrepris des recherches très poussées sur les liens entre monde germanique et anglo-saxon. Je vous invite d’ailleurs à vous renseigner sur ces travaux peu relayés par les médias mainstream.
Cette alliance scelle la domination des Etats-Unis sur l’Europe. Les Etats-Unis sont en effet, de par leur location géographique situés en dehors de l’Eurasie. Pour dominer sur le continent, les Etats-Unis doivent avoir un point d’ancrage. Le partenaire idéal du moment se trouve être l’Allemagne : sa position stratégique au centre de l’Europe assure aux EUA une place de choix pour dominer l’Europe.
Le deal est simple : l’Allemagne met à disposition son territoire comme base avancée des EUA au coeur de l’Europe comme se fût le cas en pleine guerre froide : bases aériennes, centres d’écoutes, casernes et radars. De plus l’Allemagne sert de supplétif aux forces US (on connaît le rôle des services de renseignements allemands dans les guerres Balkans – l’UÇK a été encadré par le BND3 cf. réseau voltaire du 15 avril 1999), principalement sur le champ démocratique et politique que militaire d’ailleurs, ce rôle semblant désormais délégué à la Pologne cf. bouclier anti-missile.

Les allemands laissent la domination du monde aux EUA et reçoivent en échange l’Europe comme zone économique sans concurrence anglo-saxonne pour développer leur industrie. L’Allemagne devient le maître politique et économique de l’Europe.
Il est intéressant de savoir que les « femens » qui s’en prennent régulièrement aux autorités russes sont financées par des hommes d’affaires allemands et américains.
La résurgence du conflit : le « soft power » : La révolution Orange
La révolution Orange de 2004 est soutenue massivement par les EUA et l’Union-Européenne. L’évènement couvre l’actualité médiatique européenne et américaine pendant deux semaines.

 

Quel est le contexte ?

Les élections de novembre 2004 donnent gagnant Viktor Ianoukovytch, proche de la Russie et du président russe Vladimir Poutine. Des soupçons de fraudes viennent entacher les élections, des manifestations éclatent surtout dans l’Ouest du pays (la fameuse Galicie) et à Kiev. De nombreuses ONG (organisations « non gouvernementales ») viennent soutenir la révolution Orange (notamment l’organisation Otpor9 qui a participée au renversement de Slobodan Milosevic en Serbie). De nouvelles élections sont organisées et voient la victoire de Viktor Iouchtchenko qui nomme comme premier ministre la très charismatique Ioulia Tymochenko.

D’origine russo-lettonne, ayant fait fortune dans l’industrie gazière, Ioulia Tymochenko devient à 45 an, une figure de proue du mouvement pour la libéralisation de l’économie et de la société ukrainienne. Réputée proche de l’Union-Européenne et des EUA. C’est sous son gouvernement que l’Ukraine adhérera à l’OMC, l’organisation mondiale du commerce.

Malgré un début de carrière en fanfare, la présidence de Viktor Iouchtchenko est marquée par des crises, des affaires de corruption, des tensions avec la Russie, des problèmes politiques internes nombreux, qui conduiront aux élections de 2010, à la victoire de Viktor Ianoukovytch (oui, le même qu’en 2004). En 2011 Ioulia Tymochenko est placée en détention pour abus de pouvoir dans la vente de quotas d’émission de CO2 et dans le cadre d’accord sur le gaz. Elle a aussi été inculpée pour des délits financiers et pour le meurtre de Yevhen Chtcherban (un autre oligarque ayant fait fortune dans le gaz, il y a en a beaucoup en Ukraine).

Répartition du vote par candidat lors des élections de novembre 2004 qui donne la victoire à Viktor Ianoukovytch

Décembre 2013 : révolution orange deuxième acte

Dès la fin de novembre 2013, un mouvement de contestation populaire se met en branle et reprend les mêmes thèmes qu’en novembre 2004 : la défiance vis-à-vis du gouvernement de Viktor Ianoukovytch, la volonté de plus de démocratie et un ras le bol de la population par rapport à la situation économique catastrophique du pays10.
Tout a commencé à la suite de la suspension d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union-Européenne le 21 novembre 2013. Toute la classe politique et médiatique monte au créneau pour dénoncer la politique anti-européenne du gouvernement Ukrainien. La population est dans son ensemble lassée par la classe politique (un peu comme en France d’ailleurs). Les groupes qui s’opposent se radicalisent de plus en plus. Lesoccidentaux n’hésitent pas à jouer sur la corde nationaliste en appuyant les forces politiques russophobes de l’ouest du pays et les tatars indépendantistes de Crimée.

Une opposition hétéroclite

On retrouve alors dans les rangs de l’opposition des courants politiques aussi divergents que les membres du parti Svoboda nationaliste, des islamistes tatars, des libéraux europhiles, des hommes d’affaires tombés en disgrâce, tous opposés au gouvernement actuel.
Les manifestants ont été baptisé « Euromaïden » par la Radio Free Europe (financée par le Congrès des EUA) du nom de la place où se rassemble les manifestants (Maïdan Nézalejnosti – place de la libération).
Vers le chaos et la guerre civile ?
La situation s’est tendue au début de l’année 2014. Le 19 février on dénombre 25 morts, quinze manifestants, neuf policiers et un journaliste. Le 20 février la situation dégénère. On compte 77 morts à Kiev.
Le soutien des EUA pourrait déboucher à une situation de guerre civile généralisée. On voit mal pourquoi les EUA qui ont armé et financé Al Qaïda en Afghanistan dans les années 80, l’UÇK dans les années 90 au Kosovo, les islamistes en Libye et en Syrie dans les années 2010, n’armeraient pas les ukrainiens de l’ouest contre le gouvernement pro-russe. Surtout que les forces vives ne manquent pas, comme nous le verront par la suite.

Les habitants de cette région de l’Ukraine sont ukrainophone par opposition aux habitants de l’est de l’Ukraine qui sont russophone et ethniquement russe. La religion dominante est le l’Eglise grecque-catholique ukrainienne dite Eglise uniate par opposition à l’Eglise orthodoxe majoritaire dans le reste du pays. Ces divisions ethniques et religieuses peuvent être facilement exploitées pour envenimer la situation. Surtout que l’Histoire est douloureuse dans la région.

En effet, 70 ans de communisme, dont 20 de stalinisme, les purges, la famine et un interlude hitlérien ont mis à mal la cohésion nationale. L’Ukraine a dans sa globalité énormément souffert au 20ème siècle. La partie occidentale du pays ayant globalement adhéré au nazisme contre le stalinisme (cf. division SS Galicie comptant jusqu’à 26 000 hommes, très loin des 7 000 soldats de la SS Charlemagne) ; elle a été maltraité suite à la défaite allemande.
Aujourd’hui, on voit refleurir des partis nostalgiques de la division SS Galicie prônant la violence.
Le parti nationaliste ukrainien Svoboda, et plus extrémiste encore, le parti ligne droite sont actuellement les rois du combat dans les violences de rues qui s’engagent. En effet, dans un pays en dérive économique, l’horizon des jeunes s’avèrent limité.
Une partie de la jeunesse se retrouve dans des groupes de supporters de club de football, des bandes de hooligans désoeuvrés qui retrouvent depuis le début des émeutes leur place dans le conflit qui s’engage.

Car pour imposer l’U-E à l’Ukraine, il faudra en venir aux mains, et ce n’est pas la bourgeoisie pro-européenne de Kiev qui va mener le combat contre les berkout12.
Les forces anti émeutes ukrainiennes.
Le blason de la 2e division SS Das Reich arboré par des émeutiers à Kiev en février 2014. Ils aiment bien les divisions SS en Ukraine.

Rédigé par Guillaume « Geronimo »

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